Faconner sa vie et voyager seul (Partie 2/2)

Bonjour,

Comme promis la semaine dernière, voici la suite des aventures de mon ami blogueur,
Raphael DIAZ de Coaching Communication

Pourquoi voyager seul et quel sens donner à son voyage ? (Partie 2/2)

 clip_image002[4]

Mon premier voyage en solitaire m’a permis d’appréhender la notion de solitude, mon second voyage m’a permis de donner un sens à mes envies de voyager seul.

Avant de voyager seul il me parait important de se poser la question suivante :

Pourquoi voyager seul et quel sens donner à son voyage : fuite, découverte ou projet particulier ?

Les notions d’identité et d’image de nous-mêmes sont renfoncées quand on est confronté régulièrement à de nouveaux lieux et de nouvelles personnes.

Il faut aussi prendre en compte les différentes étapes d’un voyage :

· La préparation du voyage,

· Le voyage en lui-même,

· Et la dernière étape de maturation où les souvenirs décantent et nous changent.

Ces trois étapes façonnent notre être et le sens qu’on donne à nos voyages.

C’est ce que nous allons voir dans cet article sur la question du sens des voyages en solitaire.

Voyage de 4 mois seul en Amérique latine

clip_image002

Prendre son temps : touriste ou voyageur ?

Quelques mois après avoir terminé ma mission de chef de projet en Amérique latine, mon responsable me propose de renouveler mon contrat pour un an de plus. Je prends alors une décision parfaitement émotionnelle, et que je ne regrette absolument pas… Je refuse son offre pour découvrir en solitaire l’Amérique latine. Je n’ai aucun projet défini à part celui de découvrir cette partie du continent et de me découvrir part la même occasion.

Je prends un billet sans retour !

J’organise par la suite mon itinéraire de voyage du Nord au Sud : Colombie, Pérou, Bolivie, Argentine et enfin le Brésil, le parcours du Che Guevara en sens inverse.

Je n’ai pas encore tiré toutes les leçons de mon premier voyage à Cuba et je continue donc à préparer un maximum de lieux et de villes à visiter.

Cependant, en arrivant en Colombie, je deviens plus flexible car je me stoppe net dans une ville qui me ravit : Medejin. Je décide donc d’abandonner mes projets de visites des autres villes et de rester là.

C’est la première étape d’un changement entre le « moi touriste » et le « moi voyageur libre » :

Un touriste cherche à voir un maximum de lieux en un minimum de temps alors qu’un voyageur prend son temps et savoure le chemin plutôt que la destination.

Il s’agit de profiter de la phase d’imprégnation d’un lieu, puis du temps de maturation interne, pour avoir ensuite envie d’en découvrir un autre.

C’est la différence entre la quantité et la qualité de nos expériences pour passer du paradigme de l’accumulation à l’approfondissement.

J’apprends à me connecter à mes émotions et à mes envies personnelles et commence doucement à m’écouter. Tout cela me fait me poser des questions sur mon identité.

Redéfinir son identité à chaque rencontre

clip_image004

Je constate, au fil des rencontres, que les manières
de se présenter sont souvent identiques :

· D’abord l’on interroge sur l’identité à travers
le prénom, l’âge, la profession, la nationalité,

· puis comme un voyageur fréquente le plus souvent
des voyageurs, les conversations se dirigent vers
les destinations effectuées ou à effectuer et les récits
de voyages de chacun.

Les questions des voyageurs sont de savoir où l’on va, ce que l’on a déjà visité, et comment on a vécu sa route.

Le fait de se présenter à des inconnus donne l’opportunité de se recréer une nouvelle identité à chaque fois, comme un nouveau visage.

Malgré le fait que les inconnus cherchent à définir l’étranger, ils ne nous connaissent pas. Ils se fient donc à la première impression, au reflet de notre façon d’être au moment de la rencontre.

Je me mis à me poser les questions suivantes :

· « Qui suis-je en dehors de ces préjugés ou de ces étiquettes ? »,

· « Est-ce que je suis unique ? »,

· « En quoi suis-je différent des autres ? »

Cela m’obligea à m’interroger sur mes origines, mes valeurs et mon identité.

Les nouvelles rencontres sont comme un vieux disque rayé qui se répète à l’infini et entraine, à la longue, un état de lassitude et de frustration.

Je décide donc de m’inventer de nouvelles identités et de tester, tel un chercheur en sociologie, les réactions de mes interlocuteurs. Je me donne donc de nouveaux prénoms et de nouveaux métiers tels que dresseur de panda, chanteur ou même trapéziste.

J’observe que la plupart des individus réagissent comme des automates et que les mêmes mots entrainent les mêmes résultats, les mêmes actions provoquent les mêmes réactions.

Je ressens alors le besoin d’échanger avec des personnes qui me connaissent mieux et d’approfondir le lien humain.

Besoin de partage et de liens humains

Se présenter aux inconnus permet de redéfinir son identité en permanence loin du regard de nos proches qui, loin d’être neutres, définissent qui nous sommes en fonction de leur expérience vécue et non en fonction de notre intériorité.

Je ressens alors un besoin de sortir de cette spirale de répétition pour approfondir mes relations de façon plus durables et moins superficielles.

clip_image006

Quand j’observe de jolis paysages ou que j’effectue de nouvelles activités, je ressens le besoin de partager mes émotions avec quelqu’un de proche et pas simplement des voyageurs que je connais à peine.

D’autre part, les temps de transports m’invitent à une introspection où je réfléchis à mon identité et refais toute ma vie en lien avec les différences socioculturelles que j’observe. J’écris alors dans un cahier pour garder une trace de mes pensées.

J’observe que les voyageurs de longue date (quatre ou cinq ans, voire plus) sont souvent dans un vide existentiel terrible, comme une fuite permanente, et me paraissent, malgré tout ce qu’ils ont vu et fait, instables et parfois inintéressants.

C’est alors que je me pose la question du sens de mon voyage seul.

Pourquoi voyager seul ? 3 types de voyageurs solitaires

Les motivations et les buts sont en effet multiples. Voici trois types de voyageur solitaire que j’ai pu rencontrer:

· Le « voyageur en fuite » qui fuit tout attachement et, tel un arbre déraciné, erre tout au long de son voyage, dans la peur de construire quelque chose de durable et de s’impliquer réellement.

Il est plus facile d’aborder une personne seule qu’accompagné donc le voyageur seul est souvent entouré.

Les problèmes et les soucis que le voyageur en fuite n’a pas réglés reviennent tôt ou tard à la surface. Le voyageur en fuite répète donc toujours le même schéma destructeur en cherchant à l’extérieur ce qu’il doit régler à l’intérieur. Les autres sont le miroir de lui-même et reflètent ses propres peurs et blessures jusqu’à ce qu’elles soient soignées ou qu’elles reviennent encore sous une autre forme.

· Le « voyageur spirituel » part en quête d’une recherche personnelle et voyage dans un pays qui lui apparait comme une évidence pour évoluer vers l’image idéale qu’il a de lui-même. Il cherche à se découvrir à travers le voyage.

D’autre part, le voyageur spirituel se rend compte de l’influence de sa propre énergie sur les autres. Les jours où il est joyeux, les rencontres sont fluides et agréables et les jours tristes, il lui parait difficile d’échanger avec quiconque. Cela le ramène encore une fois à lui-même et à reconnaitre sa part de responsabilité dans les interactions humaines. Il s’agit donc pour le voyageur spirituel de gérer sa propre énergie et son temps en conscience.

Pour lui, voyager seul est un projet de reconnexion plutôt qu’une fuite superficielle.

Il a donc trouvé un sens à son voyage.

· Le « voyageur projet » part avec un projet personnel bien défini en tête. Il sait pourquoi il part et quand il revient. Il va donc accomplir une tâche définie à l’avance.

L’approche du « voyageur projet » m’a manqué et c’est la raison pour laquelle après avoir découvert autant de pays, j’ai saturé et eu besoin de me retrouver et de rentrer chez moi. Tôt ou tard, le voyageur revient à ce qu’il est, à ses racines.

Voyager seul et se confronter à soi-même

clip_image008

En tant que voyageurs nous avons aussi l’occasion de faire des rencontres plus inhabituelles qu’avec notre cercle classique d’amitié proche.

Nous découvrons des gens avec qui, a priori, n’ont n’avons aucune affinité ou points communs.

Nous nous rendons aussi compte de la diversité des façons de penser et d’agir. Les étiquettes que nous plaçons sur les autres s’effacent ou changent en fonction des codes et des us et coutumes locaux.

Nous comparons ce que nous découvrons avec ce que connaissons et cela nous apprend à être plus ouverts d’esprit.

Ces voyages m’ont beaucoup appris et ont été de merveilleux outils de développement personnel.

Il existe également d’autres outils pour travailler sur soi. Par la suite, je suis devenu coach professionnel et j’ai créé mon entreprise : Coaching Communication.

J’accompagne des cadres et dirigeants dans la découverte de soi. A travers cet accompagnement en posture « basse », il est possible de trouver ses propres solutions, à son rythme et en fonction de son niveau d’autonomie et d’évolution.

« Qui regarde à l’extérieur rêve, qui regarde à l’intérieur s’éveille. » Jung

Je voudrais terminer cet article par un conte qui nous rappelle que malgré nos envies d’horizons nouveaux, d’inconnu, de découverte et de changement, nous avons déjà toute la richesse du monde à l’intérieur de nous-mêmes :

Être tiraillé entre l’arbre et la pirogue

clip_image010

L’expression est tirée d’un mythe mélanésien de l’Archipel du Vanuatu.

Dans sa version complète, voici ce que ce mythe nous dit :

Tout homme est tiraillé entre deux besoins.

· Le besoin de la Pirogue, c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, de la découverte, de l’inconnu,

· et le besoin de l’Arbre, c’est-à-dire de l’enracinement, de l’identité, des racines, des origines,

Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue.

Raphael DIAZ de Coaching Communication

C’est une belle leçon de philosophie. Je vous laisse méditer cette pensée.

Je vous souhaite une belle semaine, pleine de bonheurs et de partage.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...
Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *